Lumière bleue

Introduction

L’arrivée de la LED blanche – et de son spectre électromagnétique inédit avec une forte composante bleue – a engendré des questionnements sur les conséquences sanitaires de ces longueurs d’onde présentes en forte proportion dans la lumière artificielle (voir par exemple les rapports de l’ANSES).

Des études variées et un grand battage médiatique et marketing font de ce sujet une thématique sensible où la méfiance est de mise : rappelons que d’un point de vue scientifique, le domaine des ondes électromagnétiques et leurs conséquences (notamment sur les tissus vivants) constituent un monde qui nous est globalement inconnu et que l’homme commence seulement à explorer et découvrir.

A l’heure actuelle, deux effets sanitaires des ondes électromagnétique « bleues » (dont la longueur d’onde est comprise entre 380 et 500 nm) sont reconnus par la communauté scientifique (validés par exemple par l’INSERM) :
– la sensibilité des cellules à mélanopsine sur le rythme circadien pour le bleu turquoise (pic à 480 nm), ce type de bleu peut être considéré comme du « bon » bleu
– l’effet des longueurs d’onde autour de 430 nm (bleu violet) qui favorise la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), ce type de bleu peut être considéré comme du « mauvais » bleu.

Deux effets connus de la lumière bleue (380 nm- 500 nm)

Le rythme circadien

L’œil est un organe étudié depuis des siècles et ses deux cellules photosensibles principales sont connues depuis plus de 150 ans : les bâtonnets (pour la vision de nuit appelée vision scotopique, pic de sensibilité à 498 nm à la limite du bleu et du vert) et les cônes (trois types de cônes de couleur pour la vision de jour appelée photopique, pic de sensibilité global à 555 nm).

A la stupéfaction de la communauté scientifique, un troisième type de cellule à été découvert dans les années 2000 : les cellules à mélanopsine. Ces cellules, bien que situées également dans l’œil, ne sont pas utiles pour la vision mais ont un effet sur le rythme circadien, c’est à dire pour le cycle veille-sommeil, la vigilance ou la constriction pupillaire.

Ces trois types de cellules ont des sensibilités différentes, voir le dessin ci-dessous, et il est important d’observer que les cellules à mélanopsine ont un pic de sensibilité à 480 nm, c’est à dire dans le bleu.

Sensibilité cone batonnet mélanopsine

Important : définitions photométriques

Pour mémoire, les grandeurs photométriques (candela, lumen, lux…) reflètent ce que perçoit l’œil humain et sont définies par défaut pour une vision de jour (photopique) donc avec le pic de sensibilité des cônes à 555 nm. Le fait que les trois cellules photosensibles aient des pics de sensibilité différents conduit rigoureusement à trois définitions différentes de ces grandeurs photométriques : de jour (photopique), de nuit (scotopique) et pour les cellules à mélanopsine. Cela permet notamment de définir le lux mélanopique, c’est à dire le lux associé aux cellules à mélanopsine et qui sert à mesurer la quantité de lumière « utile » à la régulation du rythme circadien.

Si la courbe de sensibilité de cellules à mélanopsine est rapprochée des lumières naturelles et artificielles, il est évident que les quantités reçues par ces cellules varient sensiblement d’une source et à l’autre et que cela a des conséquences sur notre rythme circadien.

Illustrations

Cellule mélanopsine et lumière du jour

Cellule mélanopsine et LED 4000

Cellule mélanopsine et fluorescence

Cellule mélanospine et incandescence

La lumière bleue autour de 480 nm, appelée bleu turquoise, joue donc un rôle capital dans la régulation du rythme circadien par l’intermédiaire des cellules à mélanopsine.

A noter

Bien noter que la stimulation circadienne (susceptible en soirée de perturber l’endormissement), est activé non seulement par la composition spectrale mais aussi par l’intensité lumineuse, par le temps d’exposition de l’œil et par l’historique lumineux de l’individu.

La Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age (DMLA)

Un autre effet avéré de la lumière bleue – mais cette fois dans des longueurs d’ondes plus courtes (pic à 430 nm, c’est à dire dans le bleu violet) – est de favoriser la dégénérescence des cellules rétiniennes : les ondes électromagnétiques dont la longueur d’onde est comprise entre 415 nm et 455 nm peuvent donc accélérer cette maladie et certains dispositifs optiques (type lunette) filtrent ces ondes.

Conclusion

Deux effets actuellement connus des ondes électromagnétiques situées dans le bleu (entre 380 et 500 nm) sont opposés et dans des longueurs d’onde différentes :
– A 480 nm c’est à dire en bleu turquoise, les ondes électromagnétiques favorisent la régulation du rythme circadien
– A 430 nm c’est à dire en bleu violet, les ondes électromagnétiques augmentent la dégénérescence de cellules rétiniennes

Suite à ces deux études, il est donc possible de conclure que le bleu turquoise est « bon » et le bleu violet est « mauvais », mais en mettant en perspective notre grande ignorance du monde des ondes électromagnétiques, cette conclusion ne peut être que rapide et provisoire.

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