Vision : applications pratiques

Introduction

Dans la pratique, la vision est l’élément de base pour comprendre et travailler sur l’éclairage. Il est donc nécessaire d’une part de bien comprendre son mécanisme et d’autre part d’examiner les différents types de situation rencontrés au quotidien.

Champ visuel

Le champ visuel est l’espace angulaire dans lequel les yeux immobiles peuvent voir un objet. Cette notion est la base pour travailler sur le confort et l’ergonomie : en effet, suivant la position de l’observateur et donc de la direction de son champ visuel, un éclairage peut-être très confortable ou très inconfortable, par exemple un luminaire directif sera très pertinent pour éclairer les bureaux avec écrans mais particulièrement gênant pour un hôpital où les patients sont allongés et ont donc leur champ de vision orienté vers le plafond.

Voici les espaces vus par les yeux d’un être humain.

Prise en compte du champ visuel pour l’éclairage

Suivant les lieux et donc les tâches à effectuer, les champs visuels varient sensiblement, voir ci-dessous quelques exemples.
En tout état de cause, avec un peu d’expérience, une réflexion consistant à se mettre à la place des observateurs dans les situations habituelles permet de définir un éclairage pertinent.

Bureaux avec ordinateurs

Les luminaires ne doivent pas envoyer trop de rayons lumineux de manière tangentielle (entre 65° et 90°) pour ne pas provoquer de réflexion parasite sur les écrans. Ceci était traduit jusqu’à l’apparition de la LED (vers les années 2010) par des concepts de basse ou très basse luminance et de classe photométrique A ou B.
Depuis, il est demandé un UGR<19 pour l’observateur en position. Ces notions sont différentes mais utilisées dans le même but d’éviter l’éblouissement sur les écrans.

Attention également à la lumière naturelle pour le positionnement des espaces de travail : en effet, un bureau doit être placé de manière perpendiculaire aux fenêtres pour ne pas provoquer d’éblouissement.

 

Ecole

Un cas spécifique pour les écoles ou universités est l’éclairage des tableaux. Celui est souvent traité de manière pertinente par un luminaire asymétrique, soit en plafonnier (voir exemple ci-dessous) soit avec une rampe murale.

Couloir et lieu de passage

Dans les couloirs, les luminaires ne doivent pas être mis dans le champ de vision des observateurs lorsqu’ils ont un éclairage direct comme les hublots.
Par contre un éclairage de plafond (avec éventuellement des grilles de défilement) ou un éclairage vertical indirect sont confortables.

Escalier

Les escaliers forment un espace particulièrement difficile à éclairer car contrairement aux autres volumes à éclairer, l’espace a ici une troisième dimension (verticale) : du coup, le champ de vision de l’observateur est modifié de manière sensible si ce dernier monte ou descend par exemple.

Les possibilités d’éclairage dépendent ici de la nature des escaliers : avec/sans contremarche, nature des matériaux (bois, béton, métal…), possibilité des passage de câbles….
En tout état de cause, il est important de se mettre à la place d’un observateur pour éviter au maximum les situations de gêne.

 

Entrepôt logistique

Dans les entrepôts logistiques, il est important pour des raisons de sécurité que l’opérateur puisse voir de manière nette les racks verticaux. Du coup, en plus d’un bon éclairage au sol pour circuler en toute sécurité, il est important d’avoir également un bon éclairage vertical au niveau des marchandises stockées.
La grande hauteur de ces bâtiments rend également cet éclairage spécifique.

Il est donc conseillé :
– d’avoir des luminaires linéaires (voire en ligne continue) et non des luminaires ponctuels pour éviter des zones d’ombres
– d’avoir des optiques spécifiques pour éclairer d’une part de manière intensive les allées et d’autre part avec une double asymétrie pour éclairer les deux verticaux de part et d’autre de l’allée.

Chambre

Les chambres dans les hôtels, hôpitaux ou Ehpad sont des lieux particuliers car l’observateur par définition peut être allongé et donc avoir un champ visuel dirigé vers le haut : il est nécessaire d’éviter l’éclairage direct et éventuellement d’ajouter un éclairage d’appoint pour la lecture, voir ci-dessous.

Hôpital

La position allongée est une position “normale” dans les hôpitaux et cela interdit la présence d’un éclairage direct trop éblouissant. L’idéal est d’avoir dans les espaces concernés un éclairage indirect ou à défaut un éclairage diffus avec des grandes surfaces d’éclairement pour diminuer l’éblouissement (voir l’importance de ces facteurs pour l’UGR).

Salle de sport et piscine

Les salles de sport et les piscines constituent également une situation où l’observateur peut en position “normale” avoir un champ de vision dirigé verticalement vers le haut. Du coup, un éclairage indirect est conseillé (notamment suivant la couleur du plafond) ou pour limiter la gêne, un éclairage diffus avec des luminaires ayant une grande surface d’éclairement.

Magasin

Deux types d’éclairage sont principalement utilisés dans les magasins :
– un éclairage général pour les rayons, ce qui est similaire aux entrepôts logistiques traités ci-dessus. Un éclairage linéaire avec une triple optique intensive directe pour les allées et deux asymétriques pour les surfaces verticales des rayons.
– un éclairage d’appoint pour la mise en valeur d’objets spécifiques comme des vêtements, des fruits et légumes, de la viande…. Pour ces différents articles, il est d’ailleurs important d’avoir un spectre lumineux adapté afin d’avoir un bon rendu des couleurs suivant les produits à vendre, voir IRC et TM 30-18.

Musée

A l’instar des magasins, les musées ont également deux types d’éclairage :
– un éclairage général “classique” où les luminaires ne doivent pas être trop extensifs pour ne pas perturber l’éclairage d’appoint travaillé pour les œuvres
– un éclairage d’appoint travaillé œuvre par œuvre pour les angles d’ouverture et le rendu des couleurs.

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